Chers
Membres de la Communauté universitaire,
Mesdames
et messieurs,
Beaucoup
d’entre vous viennent des points du globe les plus éloignés, le
cœur plein d’une pensée intellectuellement riche ; vous comptez
dans vos rangs des ulbistes, publicistes, des philosophes, des
ministres des cultes cultivateurs et cultivés, des écrivains éminents, plusieurs
de ces hommes considérables, de ces hommes publics et populaires qui
sont les lumières de leur nation. Vous avez voulu dater de Bruxelles
les déclarations de cette réunion d’esprits convaincus et graves,
qui ne veulent pas seulement le bien des universités, mais qui
veulent le bien de notre université et surtout de son président1.
Cette
rentrée académique se fait sous le signe de l'avancée
scientifique. Cette communion d'esprit, cette communauté de pensée
à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui
est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de
conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera
l'engagera personnellement2.
Cette rentrée se fera spécialement sous la lumière du plagiat.
En
effet, la plus grande avancée scientifique est de pouvoir utiliser
le savoir d'autrui afin de compléter le sien. Les valeurs qui
considèrent que le plagiat est une faute inacceptable sur les
plans juridique, éthique et intellectuel font bel est bien partie
d'un passé obscur que la science a réussi à vaincre. Une fois de
plus notre devise est portée au firmament de la gloire :
scientia vincere tenebras.
Conscient
que ne pas tolérer le plagiat porte atteinte à l’ensemble des
corps étudiants, scientifiques et académiques en minant la
réputation de l’institution et en mettant en péril le maintien de
certaines approches pédagogiques, je ne peux que vous suggérer de
rentrer dans le paradigme « ctrl+c ctrl+v » et accueillir
en notre sain la première génération du « copier-coller »!
Éloignez-vous
du fatalisme, réagissez, sachez prendre votre chance, rappelez vous
que quand il pleut des roubles, les malchanceux n'ont pas de sac3.
L'U.L.B. a toujours su tendre la main à ses frères inférieurs.
Après avoir mis des gants, ah ben évidemment !4
Aujourd'hui, notre alma mater vise le top 10 des universités
mondiales. Grâce à sa méthode du clic and go, les étudiants
sortiront non pas avec un, ni deux, ou trois diplômess dans des
disciplines différentes, mais avec une multitude de doctorats. Nous
ouvrons enfin la boîte de la connaissance universelle au sein de
chacun d'entre nous.
Je
vous ai compris !
Je
sais ce qui s'est passé ici. Je vois ce que vous avez voulu faire.
Je vois que la route que vous avez ouverte au sein de notre
Université, c'est celle de la rénovation et de la fraternité.
Eh
bien ! de tout cela, je prends acte au nom de l'U.L.B. et je déclare,
qu'à partir d'aujourd'hui, l'U.L.B. considère que, dans toute ses facultés, il n'y a qu'une seule catégorie d'étudiants : il n'y a
que des futurs prix Nobel à part entière, des ulbistes à part
entière, avec les mêmes copier et les mêmes coller.
Cela
signifie qu'il faut ouvrir des voies qui, jusqu' à présent, étaient
fermées devant beaucoup.
Cela
signifie qu'il faut donner les moyens de résussir à ceux qui ne les
avaient pas.
Cela
signifie qu'il faut reconnaître la dignité de ceux à qui on la
contestait.
Cela
veut dire qu'il faut assurer un cerveau à ceux qui pouvaient douter
d'en avoir un5.
Je
vous le dis ici et maintenant, mes amis, bien que, oui, bien que nous
ayons à faire face à des difficultés aujourd’hui et demain je
fais toujours ce rêve : c’est un rêve profondément ancré dans
l’idéal ulbiste. Je rêve que, un jour, notre université se
lèvera et vivra pleinement la véritable réalité de son credo : “
Nous tenons ces vérités pour évidentes par elles-mêmes que tous
les étudiants et membres du corps académiques sont créés presque
égaux mais que le copier-coller a permis de rendre égaux”6.
C'est
notre politique. Vous demandez quel est notre but ? Je peux
répondre en un mot : c'est la victoire, la victoire à tout
prix, la victoire en dépit de la terreur, la victoire aussi long et
dur que le vit d'un comitard attendant les bleus, car sans victoire
il n'y a pas de survie7.
Ainsi,
mes chers ulbistes : ne demandez pas ce que votre Université peut
faire pour vous, mais bien ce que vous pouvez faire pour votre
Université.
Mes chers intellectuels du monde : ne demandez pas ce que l'U.L.B. peut faire pour vous, mais ce qu'ensemble nous pouvons faire pour la liberté de la connaissance.
Enfin, que vous soyez ulbistes ou citoyens du monde, exigez de nous autant de force et de sacrifices que nous vous en demandons. Avec une bonne conscience comme seule récompense, avec l'histoire pour juge ultime de nos actes, à nous de réformer la science que nous aimons, en demandant la bénédiction et les subsides de l'État, tout en sachant qu'ici en Belgique, sa volonté de nivellement par le bas doit être la nôtre8.
Bonne
rentrée académique et à vos clics droits !
Les passages sont librement inspirés de
1Victor
Hugo
2Robert
Badinter
3Coluche
4Desproges
5De
Gaulle
6Martin
Luther King
7Winston
Churchill
8JFK
Les phrases visant le plagiat sont tirées du règlement sur le plagiat du jury de la faculté de sciences politiques de l'U.L.B.