mercredi 4 décembre 2013

Priorité Étudiante : la liste qui n'existait pas

C'est avec stupéfaction que notre rédaction a reçu la dépêche ce matin : Priorité Étudiante n'a jamais existé. La communauté étudiante de l'ULB est sous le choc. Personne ne s'attendait à cette nouvelle. Les langues se délient « Nous comprenons maintenant pourquoi les 36 heures entre les examens ne seront jamais appliquées ». Un groupe d'étudiants faisant la file en attendant devant le Kaf-Kaf nous interpelle : « Comment n'avons nous rien su depuis tant d'années ? ». Ou encore cette candidate qui se présente sur la liste fictive : « Pourtant, on m'avait garanti que je gagnerais... C'est toujours P.E. qui est gagnant. Vous vous rendez compte, je m'y voyais déjà... Et maintenant, maintenant... ? » Avant de repartir en sanglots.

Nous avons voulu en savoir plus et avons trouvé un étudiant qui a accepté de témoigner. Hugo est en BAC3 Sciences-Po et c'est la deuxième fois qu'il se présente avec PE. Il est déchiré, lorsque nous le retrouvons au Gauguin il est devant sa bière, la penne en berne et retient ses larmes. Il nous explique que cette liste lui a permis de faire son entrée dans le monde de la représentation politique. Il n'avait même pas fait campagne et il avait été élu. Cette année, il pensait se faire réélire en roue libre. Entre les activités de baptême et sa vie personnelle il ne s'est même pas manifesté auprès des étudiants, sa réélection devait être acquise.

« J'avais bien remarqué que certaines idées étaient révolutionnaires. Je pensais sincèrement que le but était de s'investir pour les étudiants, pour leur bien. Alors, vous vous rendez compte, lorsque j'ai découvert que c'était un centre de recrutement pour le Comac et le PTB, je suis tombé de haut. Les bruits couraient, bien sûr, mais je ne l'avais pas ressenti ainsi. À l'insu de mon plein gré, j'ai formé des communistes... Les étudiants qui se sont fait frapper par les policiers appelés en renfort par ces fascistes de la direction, c'est en partie de ma faute... »

Comment est-ce que toute la communauté universitaire a pu se faire berner par le PE ? Nous avons voulu en savoir plus et avons pu rencontrer un des fondateurs de PE. C'est ainsi que nous avons pris rendez-vous avec Làszlo Bonpain. Ses parents ont quitté la Hongrie lors de la chute du mur en 1989. Il nous dira simplement que son père était dans le ministère intérieur sous Kàdàr et que par ce fait, il s'était fait quelques ennemis. Il n'a d'ailleurs gardé que son prénom pour se rappeler ses origines magyares.

« Tout est parti d'un constat simple : depuis 1989, le mot communiste a une connotation négative. Pourtant, il était important pour nous que, dans une tradition de gauche, les Communistes Actifs puissent noyauter l'Université. Les actions coup de poing, comme par exemple cette année avec le blocage du CA peuvent être revendiquées, mais l'opinion publique n'apprécie pas nécessairement.

L'idée nous est venue lors d'un blocus assisté en 2008. Lors d'un de nos jeux de rôle un étudiant de première bac a réellement explosé lorsqu'il s'est rendu compte que nous essayions de lui inculquer nos valeurs. Le baron Pierre-Antoine de la Roche était issu d'une famille chrétienne bourgeoise qui spoliait ses concitoyens depuis quatre générations. Il était venu à ce séminaire pour que nous puissions l'aider à mieux travailler. Nous avons voulu lui inculquer les valeurs de solidarité et de mise en commun des notes. Malheureusement, la dégénérescence congénitale de son cerveau perverti par le grand capital n'a pas pu être sauvé. La dernière fois que nous l'avons vu, il s'enfonçait dans la forêt nu, se rouant de coups et s'auto-mutilant en criant « Communistes, communistes ! ». Certains l'ont vu creusant un trou avant de se recouvrir de terre... mais personne ne l'a revu. Comme il n'est jamais réapparu à l'ULB, le pot aux roses n'a pas été découvert.

Ce jour là, nous avons pris conscience qu'il fallait changer de stratégie de communication. Lorsque nous avons pris contact avec l'organe du Parti à Moscou, nous avons eu l'opportunité de nous rendre dans notre ville de coeur et être formés par Ivan Ivanovitch Ayagant en personne. Après avoir grimpé tous les échelons de l'appareil soviétique, il a dirigé le département de la désinformation de 1948 à 1989. Du haut de ses 98 ans, il nous a donné diverses ficelles. Priorité Étudiante était né. »

Comment ont-ils pu garder le secret jusqu'à aujourd'hui ? Leur recrutement était bien rodé. Malheureusement, leur secret a été percé à jour et diffusé sur le site de Julien Fortange ulb-leaks. Un whistleblower encore non-identifé a permis la mise à jour de documents confidentiels.

Charles Lepage nous a confié :

« Les moyens de propagande changent, mais les Communistes Combattants de l'ULB trouveront d'autres recettes pour garder leur emprise sur les étudiants. La découverte de la supercherie P.E. n'est pas importante en soi, bien qu'elle tombe mal à quelques jours des élections. Heureusement, peu de moutons iront voter en réalisant vraiment que le noyautage est aussi profond... Et notre équipe de recrutement est depuis quelques jours en stage de remise à niveau en Sibérie. Suivant leur niveau de collaboration, les étudiants devraient revenir d'ici trois mois à deux ans. »

De source discrète, nous apprenons que même le site changetheworld ne reprendrait plus de sigles du PTB et pourrait être renommé anewliberalworld... Nul doute qu'en se cachant derrière ces stratagèmes, le ComAc a encore de beaux jours devant lui.

La rédaction

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