C'est avec stupéfaction que notre rédaction a reçu la
dépêche ce matin : Priorité Étudiante n'a jamais existé. La
communauté étudiante de l'ULB est sous le choc. Personne ne
s'attendait à cette nouvelle. Les langues se délient « Nous
comprenons maintenant pourquoi les 36 heures entre les examens ne
seront jamais appliquées ». Un groupe d'étudiants faisant la
file en attendant devant le Kaf-Kaf nous interpelle : « Comment
n'avons nous rien su depuis tant d'années ? ». Ou encore
cette candidate qui se présente sur la liste fictive :
« Pourtant, on m'avait garanti que je gagnerais... C'est
toujours P.E. qui est gagnant. Vous vous rendez compte, je m'y voyais
déjà... Et maintenant, maintenant... ? » Avant de
repartir en sanglots.
Nous avons voulu en savoir plus et avons trouvé un
étudiant qui a accepté de témoigner. Hugo est en BAC3 Sciences-Po
et c'est la deuxième fois qu'il se présente avec PE. Il est
déchiré, lorsque nous le retrouvons au Gauguin il est devant sa
bière, la penne en berne et retient ses larmes. Il nous explique que
cette liste lui a permis de faire son entrée dans le monde de la
représentation politique. Il n'avait même pas fait campagne et il
avait été élu. Cette année, il pensait se faire réélire en roue
libre. Entre les activités de baptême et sa vie personnelle il ne
s'est même pas manifesté auprès des étudiants, sa réélection
devait être acquise.
« J'avais bien remarqué que certaines idées
étaient révolutionnaires. Je pensais sincèrement que le but était
de s'investir pour les étudiants, pour leur bien. Alors, vous vous
rendez compte, lorsque j'ai découvert que c'était un centre de
recrutement pour le Comac et le PTB, je suis tombé de haut. Les
bruits couraient, bien sûr, mais je ne l'avais pas ressenti
ainsi. À l'insu de mon plein
gré, j'ai formé des communistes... Les
étudiants qui se sont fait frapper par les policiers appelés en
renfort par ces fascistes de la direction, c'est en partie de ma
faute... »
Comment est-ce que
toute la communauté universitaire a pu se faire berner par le PE ?
Nous avons voulu en savoir plus et avons pu rencontrer un des
fondateurs de PE. C'est ainsi
que nous avons pris rendez-vous avec Làszlo
Bonpain.
Ses parents ont quitté la Hongrie lors de la chute du mur en
1989. Il nous dira simplement
que son père était dans le ministère intérieur sous Kàdàr et
que par ce fait, il s'était fait quelques ennemis. Il n'a d'ailleurs
gardé que son prénom pour se rappeler ses origines magyares.
« Tout est parti
d'un constat simple : depuis 1989, le mot communiste
a une connotation négative. Pourtant, il était important pour nous
que, dans une tradition de
gauche, les Communistes
Actifs puissent noyauter l'Université. Les actions coup de poing,
comme par exemple cette année avec le blocage du CA peuvent être
revendiquées, mais l'opinion publique n'apprécie pas
nécessairement.
L'idée nous est venue
lors d'un blocus assisté en 2008. Lors d'un de nos jeux de rôle un
étudiant de première bac a réellement explosé lorsqu'il s'est
rendu compte que nous essayions de lui inculquer nos valeurs. Le
baron Pierre-Antoine de la Roche
était issu d'une famille chrétienne bourgeoise qui spoliait
ses concitoyens depuis quatre générations. Il était venu à ce
séminaire pour que nous puissions l'aider à mieux travailler. Nous
avons voulu lui inculquer les valeurs de solidarité et de mise en
commun des notes. Malheureusement, la dégénérescence congénitale
de son cerveau perverti par le grand capital n'a pas pu être sauvé.
La dernière fois que nous l'avons vu, il s'enfonçait dans la forêt
nu, se rouant de coups
et s'auto-mutilant en criant « Communistes,
communistes ! ».
Certains l'ont vu creusant un
trou avant de se recouvrir de terre... mais personne ne l'a revu.
Comme il n'est jamais
réapparu à l'ULB, le pot aux roses n'a pas été découvert.
Ce jour là, nous avons pris conscience qu'il fallait
changer de stratégie de communication. Lorsque nous avons pris
contact avec l'organe du Parti à Moscou, nous avons eu l'opportunité
de nous rendre dans notre ville de coeur et être formés par Ivan
Ivanovitch Ayagant en personne. Après avoir grimpé tous les
échelons de l'appareil soviétique, il a dirigé le département de
la désinformation de 1948 à 1989. Du haut de ses 98 ans, il nous a
donné diverses ficelles. Priorité Étudiante était né. »
Comment ont-ils pu
garder le secret jusqu'à aujourd'hui ? Leur recrutement était
bien rodé. Malheureusement, leur secret a été percé à jour et
diffusé sur le site de
Julien Fortange ulb-leaks.
Un
whistleblower encore
non-identifé a permis la mise à jour de documents confidentiels.
Charles Lepage nous a confié :
« Les moyens de
propagande changent, mais les Communistes Combattants de l'ULB
trouveront d'autres recettes pour garder leur emprise sur les
étudiants. La découverte de la supercherie P.E. n'est pas
importante en soi, bien
qu'elle tombe mal à quelques jours des élections. Heureusement, peu
de moutons iront voter en réalisant vraiment que le noyautage est
aussi profond... Et notre équipe de recrutement est depuis quelques
jours en stage de remise à niveau en Sibérie. Suivant leur niveau
de collaboration, les
étudiants devraient revenir
d'ici trois mois à deux ans. »
De source discrète, nous apprenons que même le site
changetheworld ne reprendrait plus de sigles du PTB et pourrait être
renommé anewliberalworld... Nul doute qu'en se cachant derrière ces
stratagèmes, le ComAc a encore de beaux jours devant lui.